Le conte est bon

Le conte est bon

Le dépistage, comment ça marche ?

Attention, là on est dans le cœur du sujet.

Recevoir son 1er kit de dépistage, ça revient un peu à ouvrir sa première pochette surprise. On ne sait pas trop ce qu’on va trouver dedans, mais on sent que ça va nous marquer.
C’est mon toubib qui m’a dit un jour : « Ça vous dirait d’envoyer un peu d’étrons par la poste ? ». Moi qui ne suis pas contre les nouvelles expériences, j’ai dit oui.
Alors deux jours plus tard, j’ai reçu un petit colis remplis de promesses :
– Une sorte de sac plastique à déposer sur la cuvette des toilettes.
– Une petite tige
– Un flacon en plastique
– Une étiquette
– Une enveloppe

En lisant la notice, j’ai vite compris qu’on n’était pas trop dans une ambiance cotillons et serpentins. Mais bon, les pochettes surprises des quinquas ne sont pas les mêmes que celles pour les mômes.
Bref, j’ai suivi les instructions : déposer le sac en plastique sur la cuvette, faire sa petite affaire, puis prendre la tige et gratter doucement la surface du colombin. Ensuite, la tige va dans le flacon, qui va dans l’enveloppe, qui va à la Poste. Sans oublier d’avoir mis son nom sur l’étiquette. Ce genre de colis, ça s’assume, on ne fait pas dans l’anonymat.
Quelques jours plus tard, me voilà donc dans le cabinet (du médecin cette fois-ci) :
– On a trouvé du sang dans vos selles, explique le doc.
– Qui ?
– Des scientifiques. Des spécialistes de la recherche en milieu fécal.
– Et c’est ennuyeux ?
– Non, c’est un beau métier, m’affirme le doc.
– Je parlais du sang dans mes selles.
– On ne sait pas encore. Il faut faire une coloscopie pour déceler la présence éventuelle de polypes, et les retirer avant qu’ils n’évoluent en cancer.
– En cancer ?
– Oui. Plus on le détecte tôt, plus les chances de guérisons sont importantes.

Je dois avouer que je ne suis pas forcément fan du principe de la coloscopie. Je n’aime déjà pas tellement le cinéma d’art et d’essai, j’avais peur que l’expérience soit encore plus douloureuse.
Et puis j’ai réfléchi un peu. Je me suis demandé si mon égo se remettrait d’une coloscopie. Puis je me suis demandé si mon égo et ma santé se remettraient d’un cancer colorectal non traité. J’ai choisi la coloscopie. Parce que, comme dans tous contes, j’ai envie de finir sur : « Il vécut heureux et eut plein de petits-enfants. »

D-17/0081 établi le 24/02/2017

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