Orgueil et coloscopie

Orgueil et coloscopie

Les coulisses d’une opération rondement menée

On devrait tous faire au moins une fois une coloscopie. Ca remet les choses à plat, même pour le plus gonflé des égos.

Pour sûr, on s’en fait toute une montagne quand on est installé dans la chambre de l’hôpital et qu’on enfile sa blouse, sa charlotte et ses chaussons stériles. On ressemble presque à un chirurgien, à la différence près qu’on a les fesses à l’air. C’est simple, pour repérer un patient dans un bloc opératoire, cherchez celui qui n’a pas de froc.
Moi, je suis comme tout le monde. J’avais la sensation de passer mon oral de rattrapage du bac sans avoir révisé. En gros, je ne savais pas à quoi m’attendre. J’avais l’œil humide, la bouche sèche… bref, les glandes qui jouaient des maracas.
Sauf que, très vite, après une respiration dans le masque à anesthésie et une petite injection, je suis devenu Robert au Bois Dormant. Evidemment, je me doute bien que le chirurgien ne m’a pas offert un chaste baiser pendant mon sommeil, mais j’étais confiant. En présence de professionnels, il faut s’avoir s’abandonner.

Je me suis réveillé comme une fleur quelques heures plus tard. Ma femme m’a ramené de la clinique — j’étais quand même un peu dans le gaz, le genre d’état où prendre la voiture est déconseillé à moins de vouloir refaire un tour au bloc opératoire.
Et la question qu’on se pose : est-ce que ça fait mal ?
La réponse est non. Ni au portefeuille, ni au reste.

D-17/0081 établi le 24/02/2017

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