Du moment qu’on en parle - L’art et les manières

Du moment qu’on en parle

Du moment qu’on en parle - L’art et les manières

Du moment qu’on en parle

L’art et les manières

J’ai remarqué que les sujets inépuisables sont ceux dont on ne parle finalement pas avec sa belle-famille.
1 : La politique
2 : La religion
3 : Le cancer colorectal

Et c’est fou, quand on y pense. Les sujets de fond sont les plus passionnants et les plus clivants en même temps.
Alors, j’imagine que parler gastronomie, météo et potins des voisins, ça respire plus la noblesse. Mais si l’idée c’est de ne pas faire de vagues, autant déjeuner avec des peluches. La conversation sera tout aussi intéressante.
La politique et la religion, je veux bien qu’on passe la main. Convictions et croyance, c’est vraiment perso.
Mais le dépistage du cancer colorectal… Si on fait l’impasse sur notre imagination qui a tendance à se réfugier dans le rebutant, c’est quand même un sujet qui rassemble. Là, on touche à l’intime.
A vous de voir si vous préférez un sujet qui fâche, ou un sujet qui tâche.
Faut trouver les mots, c’est de l’acrobatie. Faire de la poésie avec un sujet fécal, c’est pratiquement de l’art contemporain.

On dit que j’ai un langage fleuri. C’est vrai.
Le langage fleuri, c’est pratique pour parfumer les mots. Et quand on aborde le dépistage du cancer colorectal, embaumer les mots devient obligatoire.
Alors, la prochaine fois que vos beaux-parents vous proposent un peu de salade avec votre fromage, regardez par la fenêtre, observez le ciel et prenez votre respiration. Puis, tournez vers eux votre regard le plus tendre (parce qu’il va falloir beaucoup de tendresse) et dites-leur d’une voix douce :
« Dites, vous êtes à l’aise sur tout ce qui touche à l’étron ? »

Profitez du silence avant la tempête pour vous remémorer tout ce que vous avez lu ici. Oubliez mon langage trop fleuri (peut-être que votre interlocuteur est allergique au pollen sémantique) et souvenez-vous du fond.
Vous pouvez maintenant argumenter.
Moi, tout ce que je veux, c’est qu’on en parle. Après, si vous trouvez que c’est un sujet qui a besoin d’enluminures, de salamalecs et de préciosité, ça me va très bien.
Du moment que vous en parlez.
Et en parler, c’est le début de la conviction.
Puis, franchement. Peu importe la manière, comme on dit. L’important, c’est de ne pas laisser les autres dans l’ignorance. On peut bien secouer un peu ceux qu’on aime si c’est pour leurs sauver la vie, non ?

D-17/0081 établi le 24/02/2017

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